Des actionnaires de Congo Airways évoquent une escroquerie d’Etat

Des actionnaires de Congo Airways réclament des dividendes par ONG interposées...

Avant la déclaration en mars 2020 de l’état d’urgence sanitaire qui a notamment paralysé le trafic aérien suite à la pandémie de la COVID-19, le capital social de la compagnie Congo Airways s’était envolé de 47 à 117 millions de $US. Mais depuis le premier décollage de la compagnie aérienne en 2014, les actionnaires n’ont jamais à ce jour perçu le moindre $US de dividende.

La Caisse nationale de sécurité sociale, CNSS (ex-INSS), le Fonds de promotion de l’industrie, FPI, la Régie des voies aériennes, RVA, l’Office de gestion de fret multimodal, OGEFREM, la Générale des carrières et des mines, GECAMINES et la Société commerciale des transports et des ports, SCTP (ex-Onatra) sont les principaux actionnaires de cette compagnie aérienne.

A la Société commerciale des transports et des ports, ces dividendes sont attendus comme une bouffée d’oxygène, l’entreprise étant quasiment en cessation des paiements. Par crainte de s’exposer à des sanctions, des cadres de la SCTP soutenus par la mouvance syndicale sont passés par des ONG pour dénoncer une escroquerie d’Etat.

La SCTP a investi 10 millions de $US dans Congo Airways. Le retour sur investissement n’a été évoqué aucune fois par le gouvernement qui a pourtant engagé l’ex-ONATRA dans un partenariat sans au préalable consulter ses partenaires dont la mouvance syndicale.

Le gouvernement a d’autorité décaissé 6 millions de $US, puis 4 millions de $US d’un compte de la SCTP intitulé «Redevance logistique terrestre» logé à RAWBANK pour participer au capital social de Congo Airways.

En dépit de la crise due à la COVID-19, la compagnie aérienne a maintenu ses commandes de huit aéronefs dont deux Airbus type A220-300 de 132 places dont la livraison est programmée, sauf imprévu, pour décembre 2020.

C’est du pimpant neuf, a laissé entendre le D-G Désiré BALAZIRE BANTU de Congo Airways.

La compagnie dessert douze destinations à travers le territoire national et deux lignes internationales, Johannesburg et Douala. Elle transporte, en moyenne, 200.000 passagers l’an, selon le dernier rapport annuel de Congo Airways. La société dispose à ce jour d’une flotte de cinq aéronefs dont deux Airbus 320 et deux Bombardiers 400, de même que d’un Boeing pris en leasing. Tout ça quand l’un des actionnaires, en l’occurrence, la SCTP peine à remettre sur les rails une seule locomotive ou à réhabiliter ses ports.

Autre actionnaire mal en point suite à la COVID-19, la Régie des voies aériennes. Ici, le D-G Abdallah Bilenge qui vient d’être miraculeusement reconduit dans ses fonctions par une ordonnance présidentielle au moment où une enquête ordonnée en conseil des ministres, était ouverte contre lui, redit et répète que le prochain salaire à verser au personnel après celui d’avril 2020, est pour 2021, si jamais le trafic aérien mettait longtemps à reprendre. Ce trafic qui n’est même pas annoncé pour reprendre le 1er juillet quand les aéroports d’Europe ouvrent déjà ou vont ouvrir début juillet… Pourquoi donc Congo Airways ne fait pas face à ses responsabilités ?


POLD LEVI MAWEJA.

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