Des airs de bisbilles à l’UNC

Ancien ministre du Commerce Extérieur du Gouvernement Badibanga (19 déc. 2016- 9 mai 2017), S-G a.i de l’UNC, Aimé Boji Sangara Bamanyirue avait-il eu l’autorisation de «l’Autorité suprême du parti» - comme il l’affirme - de se rendre à Goma et de mobiliser pour l’accueil du Président de la République Félix Tshisekedi? Aurait-il pu se déplacer et se rendre dans ce qui est considéré comme «le fief» du «pacificateur», la ville de Goma et certainement celle voisine de Bukavu, son également fief sans l’en informer ou requérir son autorisation? L’intéressé qui répond ne convainc pas toujours.
Mais la troisième question et certainement la plus importante, est celle-ci : un porte-parole peut-il prendre la parole et critiquer son chef hiérarchique comme l’a fait le 20 septembre celui de l’UNC, Totshumany Kisombe qui n’a pas certes sa langue dans sa poche? Alors que Boji Sangara Bamanyirue se trouvait à Goma «en mission officielle», le porte-parole a réfuté le fait que sa mission ait obtenu l’aval du président de l’UNC, Vital Kamerhe Lwa Kanyiginyi Nkingi dont nul ne sait ni l’état de santé dont le bulletin n’a jamais été publié, ni le lieu où il séjourne après sa condamnation au premier degré à 20 ans de travaux forcés qui seraient suivis de 10 ans d’inéligibilité.

TROUBLE, DIVISION.

Totshumany a écopé d’une... «simple suspension» après des propos qualifiés de «discourtois, désobligeants et caractérisés par le m’as-tu-visme et l’immaturité politique», écrit un communiqué des femmes de l’UNC pour qui «ces propos sont de nature à semer la division et troubler la quiétude du parti». Il est vrai que dans le passé, l’UNC a connu de nombreux départs dont celui, début septembre 2016 connu comme une auto-exclusion, du bulldozer S-G Jean-Bertrand Ewanga Is’Ewanga et d’André Claudel Lubaya alors SG-A, puis, en octobre 2017, du ministre Pierre Kangudia Mbayi qui demeura en place comme ministre Tshibala au lendemain du départ de l’UNC du Gouvernement. Ministre d’État en charge du Budget, Kangudia, a, lors d’une conférence de presse, indiqué qu’il ne démissionnerait pas de son poste. « Je refuse, pour satisfaire les intérêts égoïstes et personnels de certaines personnes, de créer inutilement une crise au sein du gouvernement qui va à coup sûr fragiliser les membres du gouvernement issus de l’opposition », avait déclaré cet ancien directeur de cabinet de Kamerhe, alors président de l’Assemblée nationale (2006-2009).
« Ce lundi 23 octobre 2017, vers 12 heures 30’, accompagné de quatre membres de mon cabinet, j’ai été reçu en audience par le président de mon parti en sa résidence (…) pour m’informer de sa décision de me retirer à tout prix du gouvernement. Comme il tenait à rendre public ce retrait à 18 heures 30’, il m’a accordé ce délai pour rédiger et déposer ma démission» mais le ministre dit n’avoir pas apprécié que, par la suite, cette décision ait été livrée très rapidement à la presse après une validation « de façon cavalière par la direction politique nationale du parti, convoquée de manière sélective à cet effet ». Aujourd’hui, Boji affirme : «Nous allons suivre le mot d’ordre du parti quand il sera lancé. Je demande à ceux qui prédisent que les ministres ne pourraient pas quitter, en cas de nécessité le gouvernement, de nous dire sur base de quoi, ils évoquent ces allégations». Sujet à caution...


T. MATOTU.

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