Hier comme aujourd’hui dilapidée, la SONAS n’a aucun poids face aux mastodontes du secteur

Face à la concurrence qui monte en puissance dans le secteur des assurances et des réassurances, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo veut assurer une survie à la SONAS. Sauf que l’Etat, actionnaire unique,serait en passe d’effectuer une mise dans un tonneau des Danaïdes, que rien ne pourrait remplir, alertent des experts.

Cadre à l’ARCA, l’Autorité de régulation et de contrôle des assurances, un expert - qui a requis l’anonymat pour ne pas paraître juge et partie - estime qu’il serait téméraire de vouloir sauver un patient dont la tumeur s’est muée en cancer. Les charges sociales, conséquence d’un engagement massif suite à des recommandations politiques, risquent d’engloutir toute mise.

D-G BLING-BLING.

Ce n’est que fin mai 2020 que la Société nationale d’assurances a lancé une enquête pour maîtriser ses effectifs et a décidé de ne plus engager de nouvelles unités. L’assureur public, de l’avis de cet expert, se retrouve dans la situation des LAC, Lignes aériennes congolaises, la dévancière de Congo Airways, une compagnie inutilement maintenue en vie alors qu’aucun signal vital ne répondait plus. L’Etat ferait œuvre utile, en créant une nouvelle société d’assurances et de réassurances. Le CSP, Conseil supérieur du Portefeuille, avait aidé l’assureur historique à se doter d’un business plan sur un horizon de 5 ans (2016-2021), un instrument qui aurait dû être soumis à la validation d’une structure internationale. Mais voilà que malgré ses 50 ans de monopole, la SONAS a investi dans tout, sauf dans des projets qui auraient pu lui garantir un retour sur investissement. L’assureur a notamment financé des projets des logements sociaux (Cité verte, Mama Mobutu, etc.), entretenu des organes politiques du régime, payé des marabouts et des féticheurs pour la pérennité du régime Mobutu (lire l’article ci-contre).
Il s’avère par ailleurs que la SONAS ne s’est guère préparée à la libéralisation du secteur remise, de nouveau, en actualité, en mode urgence, en 2008, après une tentative manquée en 1988. Bien au contraire, elle a poursuivi sa politique de dilapidation des ressources.
Lors de sa mutation de l’entreprise publique en une entreprise commerciale avec statut de SARL puis de société anonyme (SA) suite aux actes uniformes de l’OHADA, elle réalise, en 2009, officiellement, euros 26,6 millions des recettes. Trois fois plus, selon diverses sources syndicales. Au centre de plusieurs affaires d’indélicatesse notamment celle qui implique sa compagne Francisca Iyolo, ex-gérante des comptes VIP à la BCDC disparue avec pas moins de 5 millions de $US l’incapacité de rembourser un prêt de 700.000 de $US contracté à Afriland First Bank., l’alors DG Herman Mbonyo Lihumba se fait une renommée de golden boy, philanthrope d’Etat.
L’entreprise va même financer des travaux de réfection de la Cour Suprême. Selon des médias locaux, une coupe ténébreuse de 5 millions de $US est opérée pour financer les «Cinq chantiers de la République». L’homme qui paraissait brillant n’était qu’un bling-bling. Il est révoqué mais passe par la case prison. Avec la ravissante Carole Agito, RAS, rien à signaler sauf l’opération tape-à-l’œil «jeudi sinistre» qui consiste à payer au forfait, en public, devant des médias, des sinistrés préalablement présélectionnées. Pendant que le personnel broie du noir, avec des arriérés des salaires en chapelet, les syndicalistes muselés. Plusieurs rapports d’audit, notamment de la Société française d’assurances et de réassurance, du Conseil supérieur du portefeuille et de l’Inspection générale des finances confirment la descente aux enfers de l’assureur au point qu’à ce jour, même le capital social pose problème, 43.163.000.000 FC, un peu plus de 20 millions de $US, selon une note interne du service juridique, datée du 13 octobre 2019. Plutôt de 72 376 112 232,39 FC, environ 35 millions de $US, chiffre arrêté au 31 décembre 2010, par le ministère du Portefeuille, selon d’autres directions. Longtemps, l’assureur n’avait pour capital social qu’un petit million de $US au lieu de 10 millions annoncés par l’Etat lors de sa création et sans fond de roulement. En clair, un enfant né tétraplégique incapable de tenir face à la dragée haute qui lui est imposée par les nouveaux venus sur scène que sont ACTIVA Assurance RDC, Société financière d’assurance Congo, Rawsur SA et Rawsur Life SA et des courtiers Allied Insurance Brokers SARL et Gras Savoye RDC. L’option du président Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo sur le devenir de la SONAS SA sera levée à court terme...


POLD LEVI MAWEJA.

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