Le fisc et la douane face à Lufu

Il a beau être soldat de rang bombardé général et chef des armées, Barnabé Mwakadi Mwamba, tout nouveau DG de la DGI (fisc) se serait déjà illustré, apprend-on, par des hauts faits… fiscaux. Dénonciation des exonérations de complaisance, recouvrement forcé des restes, débusquage des assujettis…

Mais le nouveau patron du fisc et son collègue des douanes JB Nkongolo Kabila Mutshi qui assume l’intérim de Déo Rugwiza Magera décédé le 15 avril 2020 après une longue maladie, font face à une réforme délicate : les patronats (FEC, COPEMECO, etc.,) ne veulent plus de la TVA au taux de 16% et font pression sur le Premier ministre Sylvestre Ilunga Ilunkamba, qui se montre plutôt conciliant.

ELECTRONIC FISCAL DEVICE.

Les patronats vont plus loin. Ils recommandent à l’Etat de fermer le marché de Lufu. Alors que Nestlé (Nido) a fermé son usine de Kinshasa, voilà deux ans, Cowbell DRC a plutôt réalisé de bonnes affaires, en dépit du ralentissement de l’activité économique, suite à la Covid-19, selon les propres déclarations de son patron sur une radio congolaise.

La fermeture du marché de Lufu, à Songololo, à la frontière angolaise, suite à la pandémie du coronavirus, combinée à la suspension de la perception de la TVA par les régies financières, DGDA (douane) et DGI (fisc), a redonné du souffle à l’industrie locale, déclare le patron de Cowbell. Il est aussi vrai que le marché est inondé des biens de première nécessité (sucre, lait, farine de froment, huile, etc.,) made in DRC. Mais cette relance ne fait guère les affaires des vendeurs au détail sur différents marchés de Kinshasa qui préfèrent les articles made by Lufu pour leurs bas prix d’achat. Il se trouve également que la douane et le fisc sont favorables à la réouverture de ce marché frontalier pour étendre leur assiette d’imposition (impôts, taxes et droits d’accises).

La DGI voudrait également taxer derechef les produits de première consommation dès déconfinement du centre des affaires, la Gombe. La Direction générale des impôts souhaite se doter des dispositifs électroniques fiscaux (Electronic Fiscal Device (EFD) pour la collecte des données de la Taxe sur la Valeur Ajoutée (TVA) sur les opérations réalisées par les assujettis. Ce programme rentre dans le cadre du projet de mise en place d’un Système d’information pour la collecte et la gestion des données de la taxe sur la valeur ajoutée sur les opérations réalisées par les assujettis (PROJET SYCO-GD-TVA).

La FEC a déjà fait comprendre que l’Etat ferait mauvaise affaire en remettant la TVA au taux de 16% dans la nomenclature fiscale qui suffoque les opérateurs économiques locaux. Au Congo, l’absence des prévisions des recettes des droits d’accises sur des articles et ouvrages en caoutchouc synthétiques, en régime intérieur, dans le budget, voudrait tout simplement dire qu’il n’existe plus d’industrie locale dans le secteur. Il en est de même pour les usines des huiles de graissage et lubrifiant, liquides pour freins hydrauliques. Et pour causse, la pression fiscale et le marché de Lufu, déplore le patronat.


POLD LEVI MAWEJA.

Commentaires

Répondre