Les sonnettes d’alarme de rentrée de l’institut d’émission

Selon l’étude de la Banque du Congo - évolution récente de la conjoncture économique, septembre 2020 - qui tire généralement la sonnette d’alarme sur le comportement des finances publiques et de l’économie nationale, la contraction de l’économie congolaise devrait être moins forte que celle estimée à fin mars, attestée par un taux de croissance de -1,7% en 2020, sur base des réalisations de la production à fin juin 2020, contre une estimation de -2,4% à fin mars.
L’activité économique devrait se contracter essentiellement dans les secteurs secondaire et tertiaire alors qu’une légère progression est attendue dans le secteur primaire. Les contributions à la croissance de ces trois secteurs seraient de 0,45 point, -0,65 point et -1,08 point, respectivement pour le secteur primaire, secondaire et tertiaire contre 0,77 point, 1,55 point et 2,12 point en 2019.

L’amélioration des prévisions de croissance tient notamment du bon comportement des activités dans le secteur minier à la faveur du confinement des ouvriers dans les mines ainsi que de la tendance à la bonne tenue des cours mondiaux des produits intéressant l’économie congolaise (notamment le cuivre, principal produit d’exportation); l’assouplissement des mesures de restrictions prises par le Gouvernement pour contenir la propagation de Covid-19 ; les faiblesses structurelles de l’économie congolaise, notamment l’état des infrastructures de base. L’étude note, à la troisième semaine du mois de septembre 2020, une poursuite de la stabilité des prix sur le marché des biens et services. Le taux d’inflation, en rythme hebdomadaire, s’est situé à 0,071% après une réalisation de 0,081% la semaine précédente, portant le taux en cumul annuel à 13,848%.

INFLATION ATTENDUE : 19,419%

En glissement annuel, il est ressorti à 15,603%. Toutes choses étant égales par ailleurs, le taux d’inflation se situerait en annualisé à 19,419% face à son objectif de moyen terme fixé à 7,0%.
Cette évolution résulte d’une part, de la bonne coordination des politiques budgétaire et monétaire, notamment à travers le pacte de stabilité économique et, d’autre part, de l’approvisionnement des marchés induit par le déconfinement des centres d’activités économiques. S’agissant des finances publiques, au 18 septembre 2020, les opérations financières de l’Etat se sont clôturées par un déficit de CDF 143,0 milliards résultant d’un niveau des recettes de CDF 374,2 milliards contre des dépenses de l’ordre de CDF 517,2 milliards.
Déficit couvert exclusivement par les ressources tirées de l’appui budgétaire du FMI, le Fonds Monétaire International dans un contexte où les émissions nettes des Bons du Trésor ont été négatives.
Par ailleurs, ce déficit serait plus important en intégrant les OPI en attente de paiement à la BCC d’un import total de CDF 377,6 milliards.
Toutefois, les recettes attendues à fin septembre 2020 s’élèvent à CDF 738,2 milliards étant donné que septembre constitue une échéance fiscale pour l’acompte provisionnel au titre d’impôt sur le bénéfice et profit. A ce jour, le taux de réalisation des régies financières est de 50,7% par rapport à la programmation mensuelle.
S’agissant des dépenses, elles ont été exécutées à concurrence de 68,2% par rapport à la prévision mensuelle fixée à CDF 758,0 milliards. Les décaissements ont concerné principalement les dépenses liées à la rémunération, au fonctionnement des institutions et ministères ainsi qu’aux subventions avec des parts respectives de 50,5%, 18,1% et 17,4% du total des dépenses.

CDF : RELATIVE STABILITE.

Par ailleurs, en cumul annuel, pour la même période, la situation financière de l’Etat est déficitaire de CDF 891,2 milliards, consécutivement aux recettes de CDF 4.470,8 milliards et aux dépenses de CDF 5,362,1 milliards. Ce déficit a été financé par les avances de la BCC à raison, de 36,0%, en dépit de l’existence d’un marché intérieur des titres publics. L’institut d’émission note une relative stabilité du marché des changes au cours de la semaine du 11 au 18 septembre 2020.
Le CDF s’est dépréciée de 0,01% à l’indicatif, s’échangeant à CDF 1.961,98 le US$ au 18 septembre 2020, alors que sur le marché parallèle, il affiche une appréciation de 0,05% se fixant à CDF 2.013,33. Comparée à la situation à fin décembre 2019, le CDF affiche une dépréciation de 14,73% à l’indicatif et 14,29% au parallèle face au US$.
Les réserves de change se sont situées à 774,15 millions de US$ au 16 septembre 2020, niveau correspondant à 3 semaines d’importations des biens et services sur ressources propres.
Concernant les agrégats monétaires, l’institut d’émission signale une baisse hebdomadaire de la base monétaire de CDF 59,2 milliards, soit 1,8% au 17 septembre 2020, se situant à CDF 3,325,5 milliards, expliquée principalement par une diminution des avoirs extérieurs nets de CDF 117,1 milliards alors que les avoirs intérieurs nets ont augmenté de CDF 57,9 milliards. Au niveau des composantes, le recul de l’offre de monnaie centrale est expliqué par la baisse des dépôts des banques de CDF 37,3 milliards et de la circulation fiduciaire de CDF 21,9 milliards.
La BCC note également un accroissement de la masse monétaire de CDF 397,7 milliards, soit 2,4%, se situant à CDF 16.904,8 milliards, expliqué par l’expansion des avoirs extérieurs nets à hauteur de CDF 540,9 milliards contre une baisse des avoirs intérieurs nets de CDF 143,2 milliards, essentiellement attribuable à la baisse des autres postes nets de CDF 120,0 milliards, soit 83,8% du total des avoirs intérieurs nets.
Au 16 septembre courant, l’instrument Bon BCC à 7 jours a opéré une injection hebdomadaire de CDF 2,5 milliards contre une ponction attendue de CDF 5,0 milliards. L’encours global se situe à CDF 11,0 milliards, répartie comme suit: 8,0 milliards pour la maturité à 7 jours, 1,0 milliard pour celle de 28 jours et 2,0 milliards pour les 84 jours.
Comparativement à fin décembre 2019, il se dégage une injection annuelle de CDF 44,0 milliards. Le coût hebdomadaire et annuel du Bon BCC se situe respectivement à CDF 18,7 millions et CDF 799,2 millions contre CDF 856,0 mille et CDF 1,573,6 millions à la période correspondante de 2019. Les avoirs libres des banques demeurent négatifs à CDF 365,8 milliards au 17 septembre 2020, en recul de CDF 91,3 milliards par rapport à la semaine précédente.
La réserve notifiée aux banques s’est chiffrée à CDF 1.303,4 milliards.
Le guichet interbancaire a enregistré des volumes des opérations hebdomadaire et mensuel respectivement de CDF 61,0 milliards et CDF 92,0 milliards.
Quant aux dispositifs de la politique monétaire de la BCC, ceux-ci restent inchangés, le taux directeur étant à 18,5% et les coefficients de la réserve obligatoire à 13,0 % et 12,0%, respectivement sur les dépôts en devises à vue et à terme et à 0,0% pour les dépôts en monnaie nationale pour toutes maturités confondues.

MARCHES DES PRODUITS DE BASE.

Concernant les marchés des produits de base intéressant l’économie congolaise, l’étude note une hausse hebdomadaire de 9,44% du cours du Pétrole (Brent) sur le marché de Londres, en raison principalement de bonnes perspectives sur le comportement de la demande mondiale attestées par la hausse de la production industrielle chinoise et les espoirs autour d’un vaccin contre la Covid-19. Du côté de l’offre, l’institut d’émission s’observe une perturbation de la production dans le Golfe du Mexique suite à l’ouragan Sally, Aussi, l’OPEP et ses alliés (OPEP+) ont, à l’issue de leur réunion mensuelle, promit des sanctions à l’égard des membres qui ne respectent pas l’accord de limitation de la production.
Le cours du pétrole s’est établi à 43,69 US$ le baril au 17 septembre 2020 Quant au cuivre, l’étude note une hausse hebdomadaire de la tonne du cuivre de 1,00% chiffrée, au 17 septembre, à 6.776,00 US$, suite à l’expansion de la demande chinoise. Variation nulle du prix de la tonne du cobalt (cathode 99,80 %), maintenue à 34.172,19 US$ au 17 septembre 2020.
L’étude de la Banque Centrale note une baisse hebdomadaire de 0,35% de l’once d’ or qui s’est échangée à 1.939,79 US$. Baisse hebdomadaire de 2,62% du cours du riz qui s’est fixé à 12,25 cents la livre au 17 septembre 2020.
Par contre, une hausse hebdomadaire de 3,01% et 5,88%, respectivement des cours du blé et du maïs, se fixant à 556,25 Cents le boisseau et 139,06 US$ la tonne au 17 septembre 2020. Cet accroissement tient principalement à la hausse de la demande chinoise observée sur le marché de Chicago.
Au niveau extérieur, l’OMS, l’Organisation mondiale du Commerce indique que les répercussions économiques de la pandémie de la Covid-19 a impacté négativement le commerce mondial des services au deuxième trimestre 2020, déjà en ralentissement depuis le second semestre 2019.
Les résultats affichés par le baromètre du commerce des services révèlent une évolution de l’indice inférieur à la tendance à moyen terme, se situant à 95,6, soit le niveau le plus faible jamais enregistré et en dessous de la valeur de référence de 100.
Cette situation tient de la mise en oeuvre des mesures de restrictions prises par les décideurs politiques pour limiter la propagation de la maladie de la Covid-19.
Ces mesures, concernant principalement le confinement et la fermeture des frontières dans la plupart des pays touchés par la pandémie, ont impacté fortement les secteurs clés des services, notamment celui de transport aérien lequel affiche un indice de 49,2.


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