Rouvrir la Gombe sans chemin de fer?

La reprise des activités sans trafic ferroviaire rependrait la COVID-19 à un rythme TGV...

La Commission technique de lutte contre la COVID-19 redoute la mobilité de masse et déplore le relâchement des gestes barrières au sein de la population notamment dans le transport en commun.

Devant les élus nationaux réunis récemment au Palais du peuple lors de son oral, le Dr Jean-Jacques Muyembe Ntamfum, chef du secrétariat technique de la riposte contre la pandémie, s’est dit sceptique sur la période d’atteinte du pic de cette pandémie dans notre pays.

REMPLI COMME UN VERRE RASADE.

Dans la perspective du déconfinement de la commune de la Gombe, le centre des affaires de la capitale réclamée par tous désormais et la relance des activités envisagée par le gouvernement avec son Programme multisectoriel d’urgence d’atténuation des impacts de la COVID-19 financé à 2,622 milliards de $US, des experts redoutent le retour à un déplacement quotidien de masse quand les capacités de mobilité de la capitale sont largement en-deçà des besoins.

A Kinshasa, dès la venue du crépuscule, la distanciation recommandée n’est plus de rigueur, bus et minibus sont remplis comme un verre rasade, question pour les transporteurs de réaliser le plus de recettes, et pour les passagers, de regagner au plus vite la maison.

L’opérateur public routier, TRANSCO - dont les agents restent depuis trois impayés - transporte en moyenne 150.000 personnes/jour, avec environ 420 bus sur un trajet journalier de 20.262.836 km. Esprit de vie et autres privés, transporteraient, selon un expert de la Commission nationale de la prévention routière, CNPR, quelque 300.000 personnes/jour alors que selon la même CNPR estime qu’au moins 4 millions de Kinois Lambda se déplaceraient chaque jour dans des conditions certes déplorables sinon infra-humaines. Mais en a-t-il le choix s’il veut survivre?

Hélas, le trafic ferroviaire urbain n’existe plus depuis près de deux ans. Les dernières statistiques du Chemin de fer interurbain, CFI, filiale de la SCTP (ex-ONATRA) rapportent que 237.273 Kinois avaient pris le train au premier semestre 2018, sur l’axe Gare centrale-Est de la capitale, avant l’arrêt du trafic. La voie ferrée Gare centrale-Kinsuka (banlieue Ouest de la capitale) n’est plus opérationnelle, depuis plusieurs années, du fait du risque élevé d’un déraillement, a-t-on appris au département du chemin de fer de la SCTP. Pourtant, le gouvernement a autorisé la SCTP de décaisser 1 million de $US sur les fonds de la Redevance logistique terrestre, RLT pour financer le projet de chemin interurbain de Kinshasa. Certaines maisons se trouvant le long du chemin de fer dans la ville de Kinshasa ont même été détruites notamment dans les communes de Barumbu, Kinshasa et Lingwala. On en est resté là…

Par ailleurs, la SCTP a décaissé quelque 19.317.971 de $US de la RLT pour l’achat en Chine de 20 voitures de voyage.

Hélas, ces voitures ne sont guère adaptées au chemin de fer du Congo et sont depuis immobilisées à la gare centrale comme dans un musée. Entre janvier 2013 et décembre 2019, la redevance logistique terrestre affectée exclusivement au financement de la réhabilitation et de nouveaux projets ferroviaires de la SCTP, a généré environ 100 millions de $US. Alors que les effets escomptés de la RLT collectée notamment auprès des pétroliers sont loin d’être perceptibles, un comité de suivi de la perception et de l’affectation des recettes de la dite redevance a été mis en place.

Il comprend 11 membres essentiellement des représentants des ministres et leur prime varie entre 5.000 $US et 2.500 $US/mois soutirés sur les recettes de la RLT.

«Avec le train, on peut effectivement, emmener, par rotation, des centaines de personnes dans différents wagons, tout en respectant la distanciation requise», explique Dr Yolande Luzolo. Le ministre des ITPR, Willy Ngopoos, a promis, courant 2020, le retour du train urbain. Le PNUD redoute une asphyxie de la capitale suite aux embouteillages monstre d’ici 2025.


POLD LEVI MAWEJA.

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