Transco, nouveau scandale

Est-ce un nouveau scandale? L’ODEP a publié un rapport dénonçant des années de mauvaise gestion à Tranco voire une «escroquerie d’État». L’Observatoire de la dépense publique réclame des enquêtes en vue de faire toute la lumière sur la mauvaise santé financière au sein de cette entreprise des transports publics alors qu’un plan de relance est en cours d’élaboration.

La sonnette d’alarme est tirée très tôt à Transco. En septembre 2014, la société d’audit KPMG fait un état des lieux et pointe de sérieux problèmes de gestion, parmi lesquels d’ordre structurel :
l’absence de rentabilité lié au faible coût du billet de transport.
Selon un rapport confidentiel, à l’époque, la toute jeune société publique créée le 30 juin 2013 par le premier ministre Augustin Matata Ponyo, un an après son accession à l’Hôtel du Conseil (18 avril 2012-20 décembre 2016) en vue de régler la question récurrente de mobilité dans la ville Capitale et dans le pays, dispose encore de quelque 500 bus, dont plus de 120 jamais utilisés, mais Transco connaît déjà des soucis de traçabilité, entre autres, la gestion des stocks, de la trésorerie ou même le contrôle budgétaire ne sont pas « formalisés ».
Il y a aussi des écarts entre les stocks annoncés et leur réalité. Pis que ça, ce ne sont pas les pièces de rechange les plus vitales qui ont été commandées. Le résultat est que Transco doit se fournir au cas par cas et localement pour maintenir l’état de son parc. Envoyés pour aider à la création de la société, des experts français de la RATP, la société française de transport, jettent tôt l’éponge, dénonçant eux aussi des malversations dans des notes internes rendus publics dans la presse.
Six ans plus tard, il n’y a plus qu’une centaine de bus en marche alors que des véritables épaves sont visibles à travers la ville ou abandonnées sur la voie publique, participant aux bouchons monstre qui caractérisent Kinshasa.
L’État doit remettre la main au portefeuille pour racheter 440 bus et relancer Transco. Sans préjuger de la gestion passée, la direction actuelle accuse le gouvernement de n’avoir jamais payé l’intégralité des subventions prévues.

L’AFFAIRE SAUTS-DE-MOUTON.

Elle ajoute que la société a perdu plus de 70 % de ses recettes depuis mai 2019 avec la construction des sauts-de-mouton et les embouteillages à Kinshasa, et plus encore depuis mars suite aux trois mois d’état d’urgence sanitaire lié à la pandémie de Covid-19, ce qui aurait empêché depuis toute maintenance du parc de véhicules. Des discussions sont en cours entre le gouvernement et l’entreprise sur la restructuration des dettes de la société, mais aussi de l’État à son égard et mettre en place un système de compensation. Parmi les dettes, Transco ne paie plus les cotisations sociales patronales sur les salaires et les primes depuis des années, ce qui inquiètent les syndicats. La direction promet qu’il n’y aura aucune conséquence pour les employés.
Des agents de Transco ont décidé de monter au créneau. Ils disent cumuler des retards de salaires, mais aussi de primes et d’avantages pour des périodes allant de 6 mois à deux ans. «Les employés sont abandonnés, dans deux semaines, il y a la rentrée scolaire, ils ont des loyers, des charges à payer, il faut trouver de quoi manger », déplore le Daddy Makambo Libulia. « Il n’y a plus qu’un bus sur cinq en activité, il faut se poser la question, comment en est-on arrivé là ? »
Pour ce syndicaliste, les explications de la direction ne suffissent pas à expliquer la mauvaise santé financière de l’entreprise. Il dit avoir transmis deux mémorandums depuis un an au Président de la République pour dénoncer des malversations, réclamer un audit sur la gestion de l’entreprise depuis 2013 et dit depuis subir des menaces et des intimidations.
Reste à se poser des questions sur une série de faillites de projets présentés comme phare dans le pays... notamment dans le secteur des transports et communications. C’est le cas du projet d’un nouvel aéroport international de N’Djili dont nul n’entend plus parler.


avec RFI.

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