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Un D-G d’une entreprise d’Etat en faillite acquiert un parc automobile flambant neuf

Elagué du Portefeuille de l’Etat pour raison de faillite, au diable de la Capitale, l’entreprise publique Chemin de fer des Uélé-Fleuve a un D-G plutôt très bling-bling.

Une entreprise ferroviaire qui n’a plus de locomotive, pas une mais dont le D-G mène grand train de vie, se paie le luxe d’acheter, en chapelet, des véhicules de luxe pour plus d’un demi- million de $US par ces temps-ci.

SPLENDIDE ISOLEMENT.

Deux fois de suite, il a posé un lapin au Soft International pour des rencards fixés par lui-même. Jean Enyange Mandobo, chargé de mission devenu, on ne sait trop comment, D-G a.i. de SCFUF, Société de chemin de fer des Uélé-Fleuve, au diable vauvert, a fait, fin juillet 2020, une commande de huit tout-terrain dont quatre New Santa Fé, cinq pick-up Xenon, un minibus auprès des firmes Central Motors et Zahira. Un marché de plus de 738.000 $US conclu d’un trait, sur un bout de papier, sans en-tête, ni adresse… un texte enténébré de coquilles grammaticales.
Pour autant, Jean Enyange a obtenu le fameux avis de non objection de la DGCMP, la Direction générale de contrôle des marchés publics. Toutefois, le régulateur auxiliaire des marchés publics a recalé une autre commande des véhicules du même D-G pour présomption de surfacturation. Sans doute que le D-G a depuis réintroduit une nouvelle requête revue à la baisse.
La logique voudrait que l’entreprise réhabilite ou se dote en priorité des actifs liés à son objet social. Hélas, ni les ministères de tutelle (Portefeuille et Transports) ni le CSP, le Conseil supérieur du Portefeuille ne s’intéressent à une société « en cessation d’activités » et élaguée au Budget. Laissé-pour-compte, le D-G Enyange vit dans un splendide isolément. Selon nos sources, il se prélasse à Kinshasa qu’à Aketi. La SCFUF (ex-CFUF) n’est d’aucun apport financier au budget de l’Etat, contrairement à la SCTP ex-ONATRA ou à la SNCC. La SCFUF exploitait les voies ferrées des provinces du Bas et du Haut-Uele, de Tshuapa et du Nord-Ubangi, reliant Aketi à Mungbere, et Aketi à Bumba et les bretelles Komba-Bondo et Andoma-Titule. Elles ont été détachées du réseau de la SNCC en 1991 pour constituer une entreprise à part entière. Le dernier train a ronronné du temps de la guerre de l’AFDL, en 1996. Depuis, ses trois locomotives ne sont plus que mitrailles. L’écartement de ses chemins de fer qui est de 0,60 m ne répond à aucune norme, le standard étant de 1 à 1.35 m. Il y a dix ans, le COPIREP, le Comité de la réforme des entreprises publiques chère à l’actuel Premier ministre Sylvestre Ilunga Ilunkamba, avait estimé que le capital social de la SCFUF n’était que de 1 (un) CDF. KENGO ET SON COUP DE GUEULE.

Oui, vous avez bien lu…1 (un) CDF. Nul doute, personne parmi les présumés experts ès patrimoines du portefeuille, n’avait fait le déplacement d’Aketi, siège social de SCFUF, à plus de 2.000 mm de Kinshasa, dans une région devenue coupe-gorge suite aux menées subversives des bandes armées venues des Etats voisins. En dehors du réseau ferroviaire, la SCFUF dispose d’autres actifs exploitables dont le port de Bumba et ses dépôts. Et tout bateau qui accoste au port paie le droit d’accostage à la société. Le 19 juillet 2019, le D-G Jean Enyange, avait attribué le marché de réhabilitation du bâtiment administratif mis en location, du quai d’accostage et de cinq entrepôts à la société Tour Sarl pour 1.063.448,33 $US. La SCFUF gère aussi des routes en terre battue, pas toujours entretenues, dont les axes Aketi-Bumba, Buta-Kisangani, Aketi-Bondo, Buta-Isiro, Kisangani-Isiro et Kisangani-Bunia où elle a installé des péages. D’importantes activités mercantiles se développent dans la région. La Société PHC Yaligimba qui dispose de gros véhicules poids lourds utilise le pont rail sur la rivière Loeka en payant de substantiels droits de péage. Vodacom-Congo paie des loyers à SCFUF pour ses antennes placées en gares de Bumba et de Mindonga. Léon Kengo wa Dondo, alors sur le trône du Sénat, avait désapprouvé la mise à l’écart de la SCFUF dans le PTM, le Projet de transport multimodal, financé notamment par la Banque mondiale et qui permit de doter la SNCC, la Société nationale des chemins de fer du Congo, d’une vingtaine de locomotives et la modernisation de son réseau ferroviaire.
Une redevance spéciale redevance logistique terrestre a été créée pour collecter des fonds auprès des pétroliers afin de réhabiliter la voie ferrée Matadi-Kinshasa propriété de SCTP ex-ONATRA. Le gouvernement Matata avec son puissant ministre des Transports et Voies de communication Justin Kalumba Mwana Ngongo avait promis quatre locomotives à la SCFUF. Le dossier a été classé sans suite.


POLD LEVI MAWEJA.

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