Le procès

Le procès

Bukanga Lonzo s’ouvre.

Il suffit qu’ils soient appelés à la barre par le procureur… et qu’ils ouvrent la bouche et parlent. Les Congolais sauront ce qui s’est passé… dans leur pays, à l’Hôtel du Conseil, de mai 2012 à novembre 2016, dans le dossier Bukanga Lonzo.

Il en a l’expérience. Le Procureur Général près la Cour Constitutionnelle Jean-Paul Mukolo Nkokesha n’avait rien lâché. Malgré toutes les manœuvres politiciennes, usant à son tour de tous les stratagèmes, le voici qui atteint son but : l’ouverture lundi 25 octobre 2021 DU procès, celui du projet du parc agro-industriel de Bukanga Lonzo, à une centaine de kilomètres de la Capitale Kinshasa, qui a englouti des centaines de millions de $US quand le Trésor public a vu se volatiliser plus de 200 millions de $US.

Le réquisitoire du 28 avril 2021 du Procureur Général est sans appel. Basé sur le rapport de l’Inspection Générale des Finances, IGF, le service qui inspire désormais respect dans le pays et dans le monde, est appelé au secours par tous, les premières personnes entendues ont toutes fait des aveux et désigné les responsables.

C’EST LE PROCES.

C’est LE procès. Ces dernières semaines, l’inspecteur Général des Finances, Jules Alingete Key, a décrit ces individus, mis à découvert leurs stratégies. «Comme ces pickpockets, voleurs à la tire qui détroussent les sacs des mamans au marché, ils n’avouent jamais rien ; ils trouvent tous les moyens de défense, accusent même ceux qui les ont pris la main dans le sac ».

Suspecté partout, prévenu principal désormais, l’ancien Premier ministre Augustin Matata Ponyon Mapon avait eu recours à ce qu’il sait faire de mieux.

Rêvant à ce qu’elle le blanchisse, il fait appel à l’IGF pensant à tous ces audits préfinancés. « Comment parler de poursuite politique quand au départ, c’est lui-même qui a écrit à l’Inspection Générale des Finances pour demander qu’elle puisse faire l’audit de Bukanga Lonzo. Ce n’est pas le pouvoir politique, ni le Chef de l’Etat, ni le Chef du Gouvernement qui a demandé. C’est lui-même. Nous avons une lettre. Il nous a écrit pour que nous puissions faire l’état de la situation de Bukanga Lonzo parce qu’il estimait que plusieurs fois son nom avait été cité abusivement. Nous avons fait le travail, en âme et conscience et nous lui avons rendu les conclusions en lui disant qu’il est fortement impliqué dans cette affaire », déclare Alingete, la main sur le cœur, sur la Voix de l’Amérique. Puis, de la pédagogie : «Il faudra que les politiciens congolais comprennent qu’il y a infraction politique et infraction de droit commun. Chez nous, au Congo, quand un politicien fait un accident sur la voie publique et qu’on lui dit qu’il y a mort d’homme – homicide involontaire -, il le transforme en une infraction politique. Il y a infraction de droit commun quand vous volez l’argent public et que si cela est établi, il ne faut pas parler de politique. C’est du droit commun…».

Après celui des 100 jours, voici l’autre procès du siècle congolais. Mieux, de la République faillie.

T. MATOTU.

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