Sama passe son budget

Sama passe son budget

Chapeau bas à ses ministres et à l’IGF.

Il a passé son test d’oral avec succès au Parlement. Le budget exercice 2022 avait été déposé dès le premier jour de la session budgétaire en cours, le 15 septembre 2021. Sur la forme, ceci n’avait pas eu lieu au Congo « depuis de longues années, depuis plusieurs exercices ». 

PERFORMANCES D’EXCEPTIONNELLES

On sait comment dans le passé, le parlement avait rappelé plusieurs gouvernements à leurs responsabilités quand, la session budgétaire légalement consacrée tirant à sa fin sans que ni le projet de loi de finances, ni la reddition des comptes du Trésor, n’ait atterri sur le bureau de l’Assemblée nationale. Rien de tel sous l’équipe des «Warriors».

Sur le fond, il faut féliciter un team financier mis sur pied par le Président de la République Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo sous la supervision du Premier ministre, les ministres du Budget Aimé Boji Sangara Bamanyire et des Finances Nicolas Serge Kazadi Kadima-Nzuji, le chef de l’Inspection Générale des Finances, Jules Alingete Key. Un Inspecteur Général des Finances et chef de service qui, par sa «brigade financière» déployée au sein des ministères, dans les entreprises et services publics, dans les trois régies financières – DGDA (Douanes et Accises), DGI (Impôts), DGRAD (recettes administratives, judiciaires, domaniales et de participations) – et en province, fait du résultat. 

Les chiffres du budget 2022 présenté et examiné le 15 novembre 2021 à la plénière de l’Assemblée nationale, dirigée son speaker Christophe Mboso Nkodia Mpwanga, sont projetés à près de 20.682,6 milliards de CDF (10 milliards de $US). Des prévisions budgétaires annuelles «réalistes (au regard de paramètres factuels en présence), ambitieuses (en fonction de leur hauteur) et pro-sociales (par rapport à ses affectations mettant l’homme congolais au centre de l’action gouvernementale)», qui, a déclaré le Premier ministre dans son discours de présentation, s’alignent sur le Programme d’Actions du Gouvernement, le PAG-2021-2023.

REVISION PROBABLE A LA HAUSSE.

Mais ces chiffres font surtout un bon en avant de 41,8% par rapport au budget 2021 initial chiffré à 14.620,5 milliards de CDF et qui, pour la première fois dans l’histoire du pays, a dû être rectifié, à la suite de l’augmentation des recettes fiscales en dépassement des assignations – une performance de 14% d’excédent budgétaire – soit une mobilisation des recettes de plus de 8 milliards de $US au lieu de 7 milliards prévus dans le budget 2021, réalisée par les régies financières. Un résultat constaté à l’Assemblée nationale lors de l’examen du collectif budgétaire 2021.

Les années précédentes, le budget de l’état n’avait jamais dépassé les 4 ou 5 milliards de $US pour un aussi immense pays, peuplé de près de 85 millions d’habitants, dépourvu d’infrastructures de base, dont l’arrière-pays continue de vivre dans des conditions infra-humaines.

Certes, même si 10 milliards de $US est un bond de rêve jamais imaginé, il faut se préparer à ce que le Parlement le revoit à la hausse, à partir des résultats réalisés à ce jour par l’Inspection Générale des Finances.

Revenu en effet jeudi 18 novembre devant les députés en vue de rencontrer leurs préoccupations, Sama Lukonde, après sa réplique, a vu son projet de budget déclaré recevable. Il l’a défendu en précisant que le gouvernement s’attend à y ajouter 2 milliards de $US de plus, pour le compte des Provinces et des Entités Territoriales Décentralisées, « lesquelles mettent également en œuvre le Programme du Gouvernement, et ce, conformément à l’article 12 de la Loi sur les Finances Publiques ».

Il faut souligner que le gouvernement s’est engagé, dans un horizon de trois ans, à mobiliser les recettes de l’État à environ 36,5 milliards de $US, soit une moyenne annuelle de 12 milliards.

Selon Sama Lukonde, cet objectif n’est qu’intermédiaire étant donné que « l’ambition du Gouvernement est d’aller bien au-delà de ces prévisions, en multipliant davantage d’efforts à travers, notamment des réformes adaptées ».

PROBLEMES DE REPARTITION.

Le gouvernement compte sur la maîtrise du cadre macroéconomique, la lutte contre la fraude en matière d’accises, et l’élargissement de l’assiette fiscale dans le but d’obtenir l’accroissement des recettes.

Reste que le projet pose problème dans sa répartition. Les institutions à elles seules s’octroient 38%. Plusieurs secteurs de la vie nationale sont marginalisés. Les députés ont évoqué plusieurs préoccupations quant au secteur de la Défense nationale par exemple qui n’a reçu que 3% alors que le pays fait face à l’insécurité dans sa partie orientale où deux provinces, Ituri et Nord-Kivu, sont sous état de siège. La député Christelle Vunga a relevé que des agences créées à la Présidence de la République aient été «gracieusement» servies au détriment de la Cour des comptes complètement oubliée. Reste à savoir si les déséquilibres soulevés seront corrigés à la Commission éCOFIN (économique, financière et contrôle budgétaire) où le budget a été envoyé pour toilettage et qui dispose de 15 jours à dater de vendredi 19 novembre pour rendre son rapport.

D. DADEI.

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