D’aucuns – et ils n’avaient pas toujours tort – lui vouaient le destin d’un AKM – Augustin Katumba Mwanke – l’homme fort jamais remplacé de l’entourage de Joseph Kabila, qui fut de tous les secrets d’Etat, organisa tout pour le Président, géra tous ses comptes à l’étranger tout au moins d’après ce qu’on en dit, disparu mystérieusement le 12 février 2012 dans le crash d’un jet privé non élucidé à l’atterrissage sur le tarmac du petit aéroport de Kavumu, à Bukavu. Mais voilà que Néhémie Mwilanya Wilondja, le puissant Directeur de Cabinet du Président de la République Joseph Kabila est moqué, humilié, désacralisé, abandonné… En cause, les claques répétées du FCC, le Front commun pour le Congo. La dernière : la chute du perchoir de Jeanine Mabunda Lioko, la présidente PPRD-FCC de la Chambre basse du Parlement qui préfigure celle du Gouvernement dirigé par le Premier ministre Sylvestre Ilunga Ilunkamba. Et, du coup, la fin de la Kabilie.

La petite histoire raconte que le FCC est né de l’imagination fertile d’un ex-cadre du MLC, parti politique de Jean-Pierre Bemba Gombo. L’homme qui lança le «made in Congo», porta Le Centre sur les fonts baptismaux en compagnie d’un ami ex-vice-gouverneur en province Orientale Joseph Bangakya et le pasteur Daniel Ngoy Mulunda-Nyanga, suggéra de se prénommer «Macron» (du nom du nouveau et jeune président français Emmanuel Macron) mais «Macron congolais», venait de rallier Joseph Kabila Kabange au lendemain des concertations de l’hôtel Royal. Il sera nommé peu après le 7 décembre 2014 ministre dans le Gouvernement Matata II sauf qu’il n’aura pas assez de courage de s’assumer en intégrant l’ex-Majorité présidentielle sous sa forme initiale.
Si «le Chairman» JPB donna son accord à cette jonction s’il ne l’avait pas carrément sollicité – comme celle de son n°2 au parti, Thomas Luhaka Losenjola, alors Secrétaire général du MLC qui hérita du ministère des PTNTIC replacé au niveau d’une Vice-primature – l’homme fort de Gemena regrettera longtemps cet acte puisque ses deux hommes ayant pris goût du pouvoir, ne retournèrent point à la maison.

COMMENT IL DONNA NAISSANCE AU FCC.
Si le premier a connu des hauts et des bas au point de se contenter désormais, à l’exécution de son schéma, d’un poste de vice-ministre dans l’équipe Ilunga Ilunkamba, Luhaka a, au contraire, fait carrière dans la Kabilie faisant valoir d’autres arguments qui n’ont rien d’objectif, ni de politique et à la base aujourd’hui de la subite extinction – mais une extinction attendue – du FCC et demain, celle du PPRD.
Au moins, ç’en est fini des 303 députés FCC «sûrs et acquis» et il y aura plus jamais de FCC bling- bling, arrogant et vantard.
Désormais, c’est le chacun pour soi. Kabange Numbi veut le FCC Renaissance, Steve Mbikayi le FCC Rénovateur, Guy Kwete le FCC Républicain, Agée Matembo le FCC Progressite. Fin tragique.
Désormais, les langues se délient. C’est le puissant Néhémie dont des FCC purs et durs – il en existe au moins encore – réclament désormais publiquement la tête.
Steve Mbikayi @Cartesien243: «Après le énième échec, nous attendions une autocritique sévère suivie de démission. Rien de tel! L’équipe perdante depuis la présidentielle continue! Co-fondateur du FCC, nous récusons l’actuelle coordination. Et, dorénavant, nous prendrons des initiatives courageuses pour sauver les meubles».
«Nous remercions les camarades qui étaient à la manœuvre jusqu’à ce jour. L’heure du renouveau est arrivée. On ne change pas une équipe qui gagne mais celle qui multiplie les échecs malgré les occasions répétées de corriger les erreurs. Plusieurs ont failli dans la gestion des hommes» (Sénatrice Francine Muyumba Nkanga @Muyumba).Il va certainement falloir tout reconstruire, avec d’autres têtes, une autre technostructure. Sans que personne ne sache quel sort demain attend qui au sein de ce FCC. L’histoire est loin d’être écrite.
Il faut au moins être sûr d’un fait : le FCC c’est fini…
Plus personne ne reviendra jamais à ce FCC. Un seul coup a suffi pour provoquer une mort subite. Un coup tiré par Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo. Signe qu’en réalité, le FCC n’a jamais vraiment existé…
C’est en quittant le gouvernement le 14 novembre 2016 que Germain Kambinga Katomba fit germer son projet de Front Commun pour le Congo aussitôt adoubé par Aubin Minaku Ndjalandjoku alors puissant président de l’Assemblée nationale, fonctions qu’il cumule avec celles de Secrétaire général de la Majorité Présidentielle.
Minaku réussit le tour de main de normaliser ses relations électriques avec Néhémie, parvînt à convaincre le puissant Directeur de Cabinet du Président Kabila sur l’importance sinon l’urgence de préparer l’après élections 2017 (ou 2018, qu’importe!) annoncé comme devant être un désastre pour le pouvoir après qu’un groupe de personnalités dites de G-7 eût, le 25 septembre 2015, contre toute attente, claqué les portes de la Majorité présidentielle pour passer à l’opposition pure et dure et rallier l’ex-gouverneur multi-millionnaire du Katanga, Moïse Katumba Chapwe.
C’est du lourd qui s’en alla : un ancien ministre de la Défense nationale Charles Mwando Nsimba qui avait pourtant identifié la majorité parlementaire au titre d’informateur; l’ancien Conseiller spécial du Président de la République en matière de sécurité, Pierre Lumbi Okongo; l’ancien gouverneur du Katanga Antoine Gabriel Kyungu wa Kumwanza; l’ancien 1er Vice-président de l’Assemblée nationale, Christophe Lutundula Pene Apala; des ministres qui rendirent leurs tabliers tel l’ancien président de l’Assemblée nationale Olivier Kamitatu Etsu, ministre du Plan (8 décembre 2014-25 septembre 2015), un ministre des Sports, Sama Lukonde Kyenge nommé sous Félix Tshisekedi, Directeur général de la Gécamines.
Des espaces qui comptent : le Katanga, le Kivu, le Bandundu, le Sankuru. Mais surtout, des intelligences… et de la mobilisation qui feront désormais défaut à la MP.
Préparé dans la plus grande discrétion dans des cellules de stratégie de la MP, le projet qui reçut le visa du président de la République – Autorité Morale de la MP – est présenté en juillet 2018, lors d’une réunion houleuse «au lieu habituel» – le Procoki – du Bureau politique.
Le moins que l’on puisse dire est que l’idée faillit être retoquée comme jamais auparavant.
Les stratèges de la Kabilie doivent revoir leur copie, joindre le président Kabila avant de revenir tenter de faire baisser la colère.
C’est celle qu’exprime désormais le parti politique ANADEC de l’actuel ministre de l’Aménagement du Territoire, Aggée Aje Matembo Toto qui, dans sa déclaration politique du 15 décembre, évoque «les frustrés, les découragés, les démobilisés, les marginalisés, les incompris, les étouffés, les laissés pour compte» avant de dénoncer «un groupe de caciques ayant échoué à fédérer la cohésion et l’unité, brillant par une incompétence notoire, naviguant à contre-courant vers un vaste trou noir au profit de leurs intérêts égoïstes caractérisés par le népotisme, le clientélisme, la concussion, l’absence d’un vrai dialogue, prenant tout pour le PPRD et ses partis mosaïques».

CHACUN SA BELLE PART DU GATEAU.
Si ces caciques reculent, ils n’organisent pas moins des messes noires dans la grande salle du Pullman Fleuve Congo Hotel, rassemblant des personnalités diverses, faisant signer une charte. Certes, des hordes de personnalités se rendent en rangs serrés à ces signatures mais le cœur n’y point… On vit néanmoins défiler tout un pays officiel : des chefs de partis et regroupements politiques, des ministres, des gouverneurs de provinces, des chefs des confessions religieuses dont Mgr Marini Bodo, ancien président de l’Eglise du Christ au Congo, ECC.
«Le front commun pour le Congo est ouvert à l’adhésion des partis et regroupements politiques, des personnalités indépendantes et de la société civile», délivre l’article 6 de la charte d’un regroupement qui se veut «constitué de ceux qui veulent devenir des remparts pour protéger le Congo. Aussi, de ceux qui pensent que les querelles nous ont fait reculer, et qu’il est temps que nous puissions nous rassembler pour aller à la rencontre de notre peuple, lui faire une offre nouvelle. L’offre d’un renouveau mental qui va permettre de tirer des leçons du passé et se mettre la main dans la main pour travailler», déclare celui qui alors s’affiche comme l’homme clé, Néhémie Mwilanya Milondja, encore Directeur de cabinet du président de la République et membre d’un Comité stratégique dont nul n’en connaîtra la composition.
Une série infinie de rencontres-adhésion massive a lieu. Le FCC est alors célébré. Objectif affiché : rafler la mise aux prochaines élections, à toutes (présidentielle, législatives nationales, provinciales, les sénatoriales et…, celles des gouverneurs des provinces).
Si la présidentielle apporte la paix en portant au pouvoir un homme attendu Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, rien de tel aux Législatives.
Le FCC a perdu la bataille qui compte, la Présidentielle. Il s’est néanmoins arrangé pour se fabriquer une majorité, grâce à une trouvaille de taille, inventée par un expert moyen-oriental, le seuil et grâce au système de nomination, avantage aux caciques qui placent cousins, cousines, épouses, épousettes, etc., partout dans les assemblées, au sein des gouvernements, dans les entreprises, dans des cabinets ministériels.
En clair, chacun des caciques a une belle part du gâteau. En clair, pas un schéma qui puisse perdurer ou se reproduire quand le Congolais devient de plus en plus vigilant, démocratie oblige!

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