L’IGF-CS lâche sa bombe atomique à fragmentation

L’IGF-CS lâche sa bombe atomique à fragmentation

Il reste imperturbable. Droit dans ses bottes. L’arme à la main, le doigt sur la gâchette tel un soldat au front.

Il n’a jamais eu que son travail qu’il aime et chérit. Et rien d’autre…

Lui en mission n’a en effet jamais su reculer.

Il n’a su et ne sait qu’avancer et toujours avancer, atteindre son objectif. Celui qu’il s’est fixé. Celui qui lui a été fixé : maximiser les recettes de l’Etat, sauver le budget de la République, mettre les moyens à l’action publique du Président de la République qui en a bien besoin aujourd’hui plus que jamais…

Patron de l’IGF, Jules Alengete Key, millimétré, arrive à son bureau chaque jour sauf exception à 08:30’.

Il a cette chance de disposer d’une escorte armée des GR et de se frayer, à chaque fois, un chemin dans une Capitale surabondée de circulation automobile et de motocyclettes des «Wewas»…

ATOU MATUBUANA, MUYEJ MANGEZ.

Sans état d’âme, tel un bourreau exécuteur d’une sentence de mort, l’IGF-CS vient de punir une brigade expédiée au Kongo Central. Soupçonnée d’avoir trafiqué des chiffres de mégestion    avérée – en clair, d’avoir été de connivence avec l’autorité exécutive provinciale, le bling-bling Gouverneur Atou Matubuana Nkuluki -, la brigade a sèchement été sanctionnée, rappelée à la centrale à Kinshasa, remplacée aussitôt et un communiqué de presse qui sonne le désaveu a été produit.

Au Lualaba, grâce à la manne du cobalt, le Gouverneur Richard Muyez Mangenze Mans a beau avoir érigé des immeubles washingtoniens tape à l’œil, cela laisse de marbre l’IGF qui a déboulé dans la province au nom de la redevabilité, de l’Etat de droit, de la fin de l’impunité…

Accueilli avenue du Haut Commandement, siège de l’Inspection Générale des Finances, à quelques encablures de l’état-major général du camp militaire Kokolo et de la 1ère Zone de défense des FARDC, qui porte bien son nom et dès son retour d’un long séjour d’hospitalisation en Afrique du Sud (la pandémie en cours de COVID-19 n’a su l’épargner), Richard Muyez Mangenze Mans s’est fait signifier la perte enregistrée par le Trésor public. La brigade dépêchée à Kolwezi, en son absence, après l’alerte lancée par sa vice-gouverneure Fifi Masuka Saini, n’a su retracer 128 millions de $US. Après une période de convalescence, celui à la parole facile, qui fut le porte-parole de circonstance des gouverneurs des provinces, qui a volé parfois au secours de certains de ses collègues, a, une nouvelle fois, tout récemment été convoqué avenue du Haut Commandement, pour présenter ses moyens de défense. Il semble n’en avoir pas eus…

Le puissant gouverneur est en voie d’être entendu par le procureur près la Cour de cassation, son juge naturel, qui décidera de son sort…

Ses proches ont déjà tracé la ligne de défense et la com’.

«Oui, il y a des chiffres à justifier. Cela ne fait l’ombre d’aucun doute. Mais croire qu’il ait pu s’en mettre plein les poches c’est aller vite en besogne. Tout le monde sait comment cette province a été gérée et comment nos provinces comme nos entreprises publiques le sont ! Et quelle en est l’autorité tutélaire ! Muyez ne peut pas avoir empoché cet argent… ».

EMU PAR AUCUNE CONSIDERATION.

En français facile, si le Gouverneur a mis quelque chose de côté, il ne peut avoir « pris tout cet argent pour lui. Il n’est pas fou… ».

Lors d’une confidence au Soft International dans le bâtiment high-tech qui abrite les bureaux kinois de la province du Lualaba, le long du boulevard du 30-Juin, qui surplombe un saut-de-mouton, il répondait en ces termes à celle qui l’accablait déjà d’accusations de mégestion alors qu’il prenait part à une conférence des Gouverneurs peu peu avant son transfert médical en Afrique du Sud et que ses ennuis avec sa vice-gouverneure enflaient : « Ne vous inquiétez pas, cher ami. Je suis très calme. Je n’ai rien à me reprocher. Et il ne se passera rien. Sachez que si aujourd’hui, je dois perdre mon poste de gouverneur, je vous assure que j’aurai bien du mal à survivre du point de vue matériel… ».

Une façon de dire qu’il n’a jamais rien mis de côté pour lui et pour les siens et qu’il ne dispose d’aucune fortune… personnelle. Qu’il est blanc comme neige ! Qu’il ne se reprochait de rien…

Qui, alors, a pu empocher cette bagatelle somme manquant aux livres de la province?

On peut soupçonner. Mais comment le prouver? Et qui mènera l’enquête? Et, surtout, qui parlera?

Qu’importe les réponses! Tel un juge inflexible, l’IGF-CS Jules Alengete Key est là, froid. Il fait son travail. Rien que son travail…

Il n’entend se laisser émouvoir par aucune considération étrangère au devoir.

Dans un courrier daté du 13 mai 2021 (n° 545/PR/IGF/IG-CS/JAK/BCO/2021 adressé à sa patrouille financière affectée auprès des entreprises de l’État et des Établissements publics, Alengete Key envoyait un message d’alerte signalant des cas de «détournements des deniers publics» dans nombre d’allocations et d’avantages illicites que les mandataires publics s’octroient régulièrement et depuis des lustres.

COMMENT LUI REGLER SON COMPTER?

Il en est ainsi du paiement des émoluments (aux mandataires non actifs), de l’octroi de véhicules à crédit (aux mandataires actifs et non actifs), de la couverture des soins médicaux (dont bénéficient des mandataires non actifs), du paiement des primes de bilan, des primes de budget (à tout mandataire public), de l’octroi des véhicules de fonction (aux mandataires non actifs), ce dernier avantage étant aussi octroyé aux commissaires aux comptes.

Alengete Key brandit l’article 10 du Décret n°13/055 du 13 décembre 2013 portant statut des mandataires publics dans les entreprises du portefeuille de l’État et l’article 11 du Décret n°13/056 du 13 décembre 2013 portant statut des mandataires publics dans les Établissements publics.

Il n’en fait qu’une «seule lecture grammaticalement correcte».

Pour lui, ces textes ne laissent place à aucun doute «sur le fait que les mandataires non actifs ne sont admis qu’à un jeton de présence et que les commissaires aux comptes ne peuvent prétendre qu’à une allocation fixe, à l’exclusion de tout autre avantage».

En clair, «la rémunération de base, la prime, les avantages sociaux ne peuvent s’appliquer qu’aux mandataires publics actifs, ceux qui participent à la gestion courante».

«Il en est de même des primes de bilan, des crédits, des avances et d’autres avantages que s’octroient les mandataires actifs en violation des dispositions réglementaires interdisant formellement de telles pratiques ainsi que la sollicitation ou l’agrément de quelqu’avantages que ce soit en raison de leurs fonctions ou même en dehors de celles-ci».

Une dizaine d’entreprises et établissements sont visés par cette alerte dont : CNSS (ex-INSS), FONER, ARCA, CEEC, FPI, OCC, SCTP (ex-ONATRA), SCPT, SNEL, SONAS, REGIDESO, RVA, INPP).

Un courrier qui arrachait leur beefsteak aux D-G, PCA, administrateurs, commissaires aux comptes et qui a donné lieu, comme on devait s’y attendre, à des réunions de crise. Objectif recherché par ces rencontres : régler son compte à Jules Alingete Key, ce nouvel Antonio Di Pietro de la Mani pulite qui n’aurait pas les mains aussi propres qu’il le prétend.

Il en faudrait cependant, à l’heure actuelle, à ces dirigeants, aller fouiner ailleurs plutôt que de tenter de brandir comme cas de corruption de fonctionnaire des enregistrements réalisés dans l’immeuble Intelligent fournis par le gestionnaire du bâtiment lorsque l’actuel IGF-CS se faisait remettre en espèces sa paie mensuelle par le conseiller financier de la ministre Acacia Bandubola Mbongo (il s’agirait d’images à l’époque où Alingete était DirCaba de la ministre de l’Économie, n’étant pas payé par voie bancaire) ou l’affaire des 12 millions de $US des pétroliers survenue après celle de 15 millions de $US du début de la mandature de Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo dont toute la classe politique congolaise connaît l’origine (la stabilisation des prix à la pompe en vue d’éviter la surchauffe des prix sur le marché), le montage et la distribution (les services d’assiette).

La correspondance du 13 mai de l’IGF-CS en réalité annonçait la bombe atomique que vient de lâcher l’Inspection Générale des Finances. Une bombe à fragmentation. Rien moins…

Dans un autre courrier adressé cette fois au Président de la République avec copie au Premier ministre Jean-Michel Sama Lukonde Kyenge et à des ministres sectoriels – ceux des Finances, des Transports et Voies de communication, de l’Industrie, des Télécommunications, du Travail et des Affaires sociales, du Portefeuille, des Hydrocarbures, etc. – l’IGF-CS Jules Alengete Key fait part – rien moins – de «prédation financière», de «mégestion en bande organisée au sein des entreprises de l’État et des Établissements publics». Il cite des Directeurs généraux, des Présidents des Conseils d’administration, des administrateurs, des Commissaires aux comptes.

Il règne au sein de ces entreprises de l’État et de ces Établissements publics « une véritable prédation financière en bande organisée ».

Qualifiés sous Mobutu par l’alors Premier Commissaire d’Etat (aujourd’hui Premier ministre) Léon Kengo wa Dondo, de « biens sans maître, abandonnés par l’Etat aux mandataires», les entreprises de l’État et les établissements publics n’ont donc depuis jamais changé de leur image. Ce sont des « parfaits modèles de mégestion», écrit encore, dans son courrier, dont les extraits sont parvenus à nos rédactions, l’IGF-CS Jules Alengete Key.

En l’espèce, quatre cas sortent du lot et se distinguent : SNEL, OCC, Office congolais de contrôle, Congo Airways et FPI, Fonds de promotion de l’Industrie.

Ces deux dernières entreprises semblent avoir minutieusement planifié leur coup. Elles ont sélectionné quelques titres de presse et des sites des nouvelles en ligne pour les couvrir en disponibilisant quelques peccadilles.

LU AVEC LA PLUS GRANDE STUPEUR.

L’idée, par ces temps de crise économique aiguë, de chômage structurel généralisé, de mévente des médias jamais connue dans le pays, d’absence de publicité commerciale, de négocier des contrats «gagnant-gagnant» avec ces canaux de nouvelles en leur réclamant en retour un traitement de faveur.

En clair, de fermer l’œil sur des cas de pillage qui seraient dénoncés, qui sont pourtant des crimes économiques patentés…

Dans les hautes sphères de l’Exécutif national, le rapport IGF ressemble à un coup de canon. Il est lu, relu, tourné, retourné avec la plus grande stupeur.

Des chiffres astronomiques qui donnent le tournis. Des salaires mensuels allant jusqu’à 100 mille $US par D-G !   

Il n’est pas impossible que ce rapport donne lieu à un ordre du jour d’un Conseil des ministres à venir et qu’il puisse être débattu par nos «Warriors» afin d’en faire une annonce gouvernementale solennelle publique.

Afin que nul n’en ignore rien, les dirigeants d’entreprises concernées hormis la CEEC et le FONER ont été régulièrement notifiés. Chacun connaît parfaitement les faits retenus à sa charge après des séances de débats contradictoires et après avoir signé des procès verbaux.

Selon des sources jointes par Le Soft International, il s’agirait par exemple des 10 faits pour la SNEL et des 12 pour le FPI.

Par exemple, au Directeur général du Fonds de promotion de l’industrie, Patrice Kitebi Kibol Mvul, l’IGF reproche  une perte de pas moins 400 millions de $US.

Cet établissement public s’est notamment inventé des primes : primes de recouvrement des arriérés, primes d’efforts supplémentaires, voire agence de traitement des dossiers, etc.

En clair, tout sauf ce qui est prévu dans la loi portant création de cet établissement public mais qui n’est rien que des moyens mis en œuvre, avec la complicité des ministres de tutelle, qui en reçoivent leurs parts en retour, de détournement des fonds publics et, donc, de coulage des recettes.

Est-on surpris qu’après plus de six décennies d’une indépendance mal enclenchée par les Lumumba et autres, par des discours politiques électrisés inappropriés, le pays ne soit toujours pas à même de fabriquer du papier toilette qui reste importé de l’étranger quand le FPI prétend exister, que le pays décolle pas et, au contraire, recule, jour après jour quand d’autres autour de nous avancent, en sont à l’étape de l’intelligence artificielle pour un Congo qui détient 80% des réserves de cobalt dans le monde, ce métal rare et précieux d’importance hautement stratégique concourant à la fabrication des batteries électriques au lithium?

D. DADEI.

Admin

Admin

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *