La crise du pétrole frappe les Congolais

La crise du pétrole frappe les Congolais

La guerre entre la Russie et l’Ukraine déclenchée depuis plus d’un mois commence à avoir ses effets dans le monde avec certains biens de consommation qui se font rares et des prix qui montent en flèche dans nombre de pays. Dans le secteur pétrolier, le Premier ministre Jean-Michel Sama Lukonde Kyenge a, lors du Conseil des ministres réuni vendredi 8 avril en visioconférence, informé les membres du gouvernement que le pays n’est pas épargné par cette guerre avec des perturbations constatées dans l’approvisionnement des produits pétroliers. Outre ces «perturbations», le Congo doit s’attendre, en l’espèce, à «un risque direct sur les prix des produits alimentaires ainsi que sur les coûts de transport des biens et des personnes», a déclaré, à l’issue du conseil des ministres, le porte-parole Patrick Muyaya Katembwe.

Le Premier ministre a annoncé «des mesures pour juguler la crise seront prises sur base des pistes des solutions dégagées avec les acteurs concernés notamment les pétroliers».
Ces derniers jours, des «réunions de crise» ont eu lieu, autour du Premier ministre, accompagnés des ministères sectoriels avec différents acteurs concernés, les secteur pétrolier et agroalimentaire susceptibles d’aider le gouvernement à prendre «des mesures appropriées » dégagées lors de ces rencontres, a expliqué Patrick Muyaya.
La semaine dernière, la pénurie de carburant a été remarquable avec des longues files d’attente devant les stations d’essence. Selon le Vice-Premier ministre en charge de l’Intérieur Daniel Aselo Okito wa Nkoy, il s’est agit d’une «spéculation créée par les opérateurs économiques du secteur pétrolier, en vue de soutenir l’idée d’une pénurie des produits pétroliers».
Pour tenter de maîtriser cette crise, le gouvernement envisage d’«augmenter légèrement le prix du carburant à la pompe». Le litre du super qui se vend actuellement à 2095 CDF (un peu plus de 1$US) va donc connaître une hausse dans les prochains jours avec pour conséquence la hausse du prix de transport et de plusieurs biens et services. Le gouvernement envisage aussi d’arrêter la subvention des manques à gagner des grandes entreprises notamment les miniers dans l’objectif de se concentrer que sur la population congolaise frappée par la querre en Ukraine. Au cours du même conseil, le gouvernement a procédé à l’évaluation et au suivi des mesures de mobilisation accrue des recettes publiques. Le ministre des Finances Nicolas Serge Kazadi Kadima-Nzuji a présenté la situation des recettes et des dépenses publiques.

GESTION PRUDENTIELLE DES DEPENSES.
À l’en croire, les recettes mobilisées au mois de mars 2022 sont de l’ordre de 1.433,5 milliards de CDF sur des prévisions de 1.089,8 milliards de CDF soit un taux d’exécution de 132%. Les recettes cumulées au premier trimestre sont estimées à 3.315,7 milliards de CDF sur des prévisions de 2.915,8 milliards de CDF pour un taux d’exécution de 114%.
«La part de dépenses publiques sur les ressources propres consacrées aux investissements représentent 0,9% du total à cela s’ajoutent 600 milliards de CDF (3ào millions de $US, ndlr) payés aux agences d’exécution au courant du mois de mars pour la poursuite du programme de développement local des 145 territoires», détaille le compte-rendu du conseil des ministres.
Par ailleurs, «le mois de mars a été marqué par une hausse de dépenses dûes au subvention accordées aux sociétés pétrolières pour la gestion de la crise du carburant consécutive à la guerre en Ukraine, au paiement de la TVA dûe à certains miniers ainsi que le paiement des frais bancaires aux banques commerciales pour le service de bancarisation», selon le compte-rendu du gouvernement qui a précisé que le Premier ministre a recommandé une prudence dans la gestion des dépenses publiques afin de dégager les ressources suffisantes pour faire face aux effets multiples et inattendus de la crise en cours qui frappe le secteur des hydrocarbures.
Gouverner étant prévoir, le ministre des Hydrocarbures Didier Budimbu Ntubuanga a présenté au Conseil le projet de lancement d’appels d’offres sur les blocs pétroliers ouverts à l’exploration dans les différents bassins sédimentaires du Congo, précisant que «cette attribution des droits d’hydrocarbures vise la production de nos ressources pétrolières en vue de l’amélioration des recettes de l’État d’une part et de l’augmentation de la production nationale qui doit quitter la zone modeste de 25.000 barils/jour, d’autre part».
Seize blocs pétroliers ont été sélectionnés pour cette première phase d’appels d’offres ouverts ou restreints, conformément aux textes légaux et règlementaires en la matière. Trois blocs pour le Bassin Côtier. Il s’agit de Nganzi, Yema II et Matamba-Makanzi II ; neuf blocs pour la Cuvette Centrale: Moero, Upemba, Bloc 4, Bloc 4b, Bloc 6, Bloc 18, Bloc 21, Bloc 22 et Bloc 25 ; qutre blocs pour le Graben Tanganyika : Kibanga-Kisoshi, Kalemie, Kituku- Moliro et Mulula-Lubanga-Muhala. Le projet adopté, une Commission ad hoc de 15 membres va être constituée avec une expertise en mesure de veiller au respect de différentes étapes de l’appel d’offres.

T. MATOTU.

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