Le procès Beya va désormais pouvoir se tenir

Le procès Beya va désormais pouvoir  se tenir

La Haute Cour militaire de la République démocratique du Congo s’est déclarée vendredi 24 juin «compétente» pour juger François Beya, «l’ex-Monsieur sécurité» du président de la République Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo poursuivi pour «complot» contre le chef de d’État et a rejeté sa demande de libération conditionnelle.

Conseiller spécial du Président de la République en charge des questions de sécurité, Jean-François Beya Wa Kasonga est aussi poursuivi pour «offense contre la personne du Chef de l’État, violation de consignes et incitation des militaires à commettre des actes contraires au devoir et à la discipline».
La Haute cour militaire «ordonne la poursuite des débats au fond. Elle rejette la demande (…) de mise en libération provisoire» formulée par François Beya et ses coaccusés, a déclaré vendredi 24 juin le général de brigade Camille Masungi Muna, président du tribunal.
Dès la première audience d’un procès tant attendu ouvert le 3 juin à la prison de Makala, la grande prison de Kinshasa, Jean-François Beya Wa Kasonga avait récusé la Haute cour militaire supposée juger des officiers généraux de l’armée et de la police et qui statue en premier et dernier ressort.
En plus de Beya, les autres personnes citées dans cette affaire sont le brigadier Tonton Twadi Sekele (en fuite), le colonel Tite Cikapa, la commissaire supérieure principale (colonel) Lily Tambwe Mauwa, le lieutenant-colonel Pierre Kalenga Kalenga et un civil, Guy Vanda.
La défense de François Beya avait argué que celui-ci, étant un civil, ne pouvait être jugé par une juridiction militaire.
Le 24 juin, la Haute cour militaire a estimé qu’elle était «compétente de connaître la présente cause» en raison de la «connexité» et de «l’indivisibilité» des poursuites engagées contre l’ensemble des prévenus, dont la plupart sont des militaires. Suivant l’avis du ministère public, la Haute cour a aussi ordonné le huis clos et décidé que les audiences se tiendraient désormais dans ses locaux. La prochaine est fixée au mardi 28 juin, a indiqué le général Masungi.
Patron de la DGM, la Direction générale de migration sous le régime de l’ex-président Joseph Kabila (2001-2019), c’est en 2019 que Jean-François Beya Wa Kasonga fut nommé au poste stratégique de «Monsieur sécurité» au titre de conseiller spécial en matière de sécurité.
Le 5 février, il est arrêté par l’ANR, l’Agence nationale de renseignement, à son domicile de la Gombe et a été détenu au secret pendant deux mois avant d’être transféré à la prison centrale de Makala.
«Monsieur sécurité» qui disposait d’un carnet d’adresses, dans la sous-région et dans le monde, avait le contrôle de tout. Membre du Conseil de défense, il avait l’œil sur l’armée, sur les services de sécurité et son avis était sollicité sur toutes les décisions d’intérêt national.

ALUNGA MBUWA.

 

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