Le président angolais convoque un sommet à Luanda sur la crise entre Kinshasa et Kigali

Le président angolais convoque un sommet à Luanda sur la crise entre Kinshasa et Kigali

Des manifestations ont démarré le 30 mai au Congo contre le Rwanda officiellement accusé par le gouvernement congolais de soutenir le mouvement rebelle M23 dans les combats dans le Kivu, de chercher à déstabiliser la région orientale pour piller les ressources minières congolaises mais Kigali dément ces accusations.

Après une rencontre début juin à Luanda avec le président Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo venu lui faire part des accusations portées contre le Rwanda, le président angolais Joao Lourenço a endossé le rôle de médiateur en vue de l’apaisement des tensions entre Kigali et Kinshasa qui a accepté à la demande du président angolais de libérer les deux soldats rwandais capturés par la population et qui se trouvaient entre les mains des FADRC. Les soldats rwandais ont été remis au président Joao Lourenço qui s’est entretenu au téléphone avec le président rwandais Paul Kagamé. Des discussions qui ont permis aux deux chefs d’État de s’entendre sur la tenue d’un sommet à Luanda auquel participeront les deux présidents, à l’invitation du chef de l’État angolais. Kinshasa privilégie l’option diplomatique tout en se disant prêt à faire face à toute agression extérieure. Le 2 juin, le Vice-premier ministre en charge des Affaires étrangères, Christophe Lutundula Apala Pen’Apala a rencontré à Washington le Secrétaire d’État américain Anthony J. Blinken.
« Le secrétaire d’État Anthony J. Blinken s’est entretenu avec Christophe Lutundula, vice-premier ministre et ministre des affaires étrangères de la République démocratique du Congo, à Washington, D.C », a écrit le porte-parole du Département d’État Ned Price.
« Le secrétaire d’État Blinken et le ministre des affaires étrangères Lutundula ont discuté des efforts visant à promouvoir la paix et la stabilité dans l’est de la RDC au milieu de tensions régionales croissantes. Le secrétaire d’État a noté les attaques récentes perpétrées par le M23 et d’autres groupes armés, appelé à la désescalade et souligné l’importance du dialogue régional continu pour aborder le conflit en cours, afin de faire avancer les travaux de l’initiative de Nairobi. Le secrétaire d’État Blinken et le ministre des affaires étrangères Lutundula ont aussi discuté de l’importance d’une planification transparente et efficace des élections de 2023», a poursuivi le porte-parole.

BLINKEN POUR LA DESESCALADE.
Vendredi 3 juin, le Conseil de sécurité des Nations Unies a salué l’engagement des chefs d’Etat de la région pour l’instauration d’une paix durable au Congo et leur soutien à la Monusco. Il a souligné que l’élimination de la menace des groupes armés étrangers nécessitera une approche intégrée à l’échelle régionale et une forte volonté politique et demandé la mise en œuvre des mesures non militaires. Il a exhorté les groupes armés à participer sans condition au dialogue de Nairobi, facilité par le président kenyan, Uhuru Kenyatta. Il a condamné tous ces groupes armés dont le M23, la Coopérative pour le développement du Congo, les FDLR, la RED Tabara, les Maï-Maï et autres. Il s’est insurgé contre les attaques perpétrées contre les FARDC et la Monusco et exige la fin de toute forme de violences.
Il a recommandé à ces groupes armés de se dissoudre définitivement, de déposer les armes et de participer au Programme de désarmement, démobilisation, relèvement communautaire et stabilisation.
De même, il a exhorté les rebelles étrangers, présents au Congo, à se désarmer et à retourner immédiatement et sans condition dans leurs pays d’origine respectifs.
« Le Conseil se déclare également préoccupé par la situation humanitaire dans l’Est de la RDC, aggravée par l’insécurité généralisée, notamment les activités déstabilisatrices des groupes armés et les attaques prenant les camps de personnes déplacées pour cible », a ajouté cette organisation.
Mais les Congolais restent mobilisés contre le Rwanda. Le 30 mai, à la gare centrale de Kinshasa, des centaines de militants des mouvements citoyens, des groupes des jeunes et autres anonymes ont organisé une manifestation qui, au départ, était destinée au soutien aux FARDC. Les protestataires avaient formé un cercle autour des drapeaux étalés sur les pavés munis chacun d’une bougie scandant des slogans hostiles à Kigali.
Certains s’en sont pris aux autorités congolaises en relation avec Kigali.
Autre message entendu, celui de la demande de rupture des relations diplomatiques avec Kigali et l’expulsion de l’ambassadeur Vincent Karega en poste à Kinshasa convoqué par le ministre des Affaires étrangères. «C’est maintenant ou jamais», a-t-on pu lire sur une pancarte derrière Carbone Beni, de Filimbi.
« Nous sommes là pour raviver la flamme patriotique. Aujourd’hui, nous exigeons du gouvernement congolais l’arrêt total de complaisance. Le Rwanda soutient le M-23 et nous ne laisserons pas un nanomètre de notre territoire être envahi par le pays voisin ».

avec AGENCES.

 

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