L’IGF et toujours l’IGF

L’IGF et toujours l’IGF

Nul ne l’avait vu venir et il s’impose comme pilier majeur de la mandature.

Nul ne l’avait vu venir. En excellent découvreur des talents – d’autres disent de prophétiseur – Le Soft International fut le premier média au monde à s’intéresser à lui, lui réclamant une interview exclusive d’immersion, la première de son histoire. En mettant pour la toute première fois son image sur le net, un visage sur l’homme qui déjà faisait craindre… Peu à peu, le feu a pris… Désormais le buzz certain : « IGF ! IGF ! IGF. Alingete Alingete ! Alingete ! Alingete !»

ça crie de partout : étudiants, artistes, ONGs, lanceurs d’alerte. Jusque dans les travées des parlements…

Nombre de ses condisciples de l’Université de Kinshasa – dont certains aujourd’hui ministres et un Premier ministre honoraire – le voyaient venir. Certains certes le redoutaient. Peu d’entre eux le craignaient vraiment…

SUR TOUS LES FRONTS DE GUERRE.

Parmi ceux qu’il destine au mappage – devant le PG – certains lui avaient adressé une lettre de félicitations, parfois avec un « verre de vin» – afin qu’il accepte de fêter «convenablement» sa montée sur le toit de l’IGF, l’Inspection Générale des Finances comme Chef de Service. Aujourd’hui, beaucoup se mordent les doigts. L’Histoire – avec H en majuscule – dira demain le rôle que joue Jules Alingete Key en ces années de mandature de Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo.

Mais cela ne fait l’ombre d’aucun doute que de plus en plus, cet homme, natif de Kinshasa, âgé de 58 ans, passe, jour après jour, comme le pilier majeur de la mandature du Président de la République, l’homme par qui la lumière – et donc l’espoir – d’une montée en capacités de gouvernance, pourrait survenir.

On parle d’un stock de devises en $US de 1,2 milliard de $US à la Banque Centrale, au compte général du Trésor. Par quel miracle quand il y a peu, ces réserves stratégiques avaient fondu jusqu’à 500 millions de $US ? Réponse : « IGF ! IGF ! IGF. Alingete Alingete ! Alingete ! Alingete !»

Sur tous les fronts de guerre, cet homme ne lésine sur aucun moyen. Après avoir reconstruit ses brigades financières – recrutement d’une centaine de jeunes, formation, renforcement des capacités, déploiement – et leur avoir doté de moyens requis, Jules Alingete Key peut enfin agir. L’IGF a atteint la vitesse de croisière.

PAS UN SECTEUR A L’ABRI.

Pas un secteur n’est à l’abri de ses brigades. Jamais, on n’avait vu ça avant. Et sa stratégie, il vient de la dérouler dans une toute récente interview. Il lui a fallu user de la com’. Ne rien communiquer permettait à des détourneurs potentiels – prédateurs, criminels économiques – de «se sentir à l’aise », de passer d’un cabinet à un autre, de tenter d’effacer des dossiers avec des mallettes de billets de banque ! Avec la com’ – dans tout ce qu’elle représente – , le peuple est pris à témoin. Et ça marche! S’ensuivent clameur et réprobation populaire. L’homme étiqueté n’est plus vendable… Il est démonétisé!

Alingete avait commencé par tout dénoncer – au tout début de ce qui est peu à peu apparu comme une opération mani pulite qui rappelle le magistrat italien Antonio di Pietro qui, par une série d’enquêtes judiciaires réalisées au début des années 1990, dénicha la mafia financière sicilienne.

« Beaucoup de détourneurs se sont réfugiés dans des chambres parlementaires. Et, cela, grâce aux énormes moyens détournés, ils se sont payés des sièges ».

Le vol était planifié, organisé. Une stratégie qui a payé. Grâce aux immunités parlementaires, il faut une autorisation des pairs pour être déféré devant un magistrat. La solidarité jouant –  «aujourd’hui c’est moi, demain c’est toi » – on tente de tout verrouiller. Sauf qu’on avait oublié la tenace détermination du nouveau Président de la République et le principe de ne point empêcher le fonctionnement de la Justice. Et le public veille au grain…

GOYA KITENGE REESSURGIT.

Alexis Thambwe Mwamba semblait avoir refermé la page de sa collègue Bijoux Goya Kitenge qu’il avait, en mai 2020, publiquement humiliée, lors d’une plénière. Elle venait de réclamer des explications sur des dépenses présumées illicites effectuées avec la complicité d’un homme d’affaires asiatique, HJ, du nom de Harish Jagtani. L’alors président du Sénat avait qualifié sa collègue de «femme sofa».

Voilà l’homme au verbe arrogant rattrapé. Un miracle s’il s’en sorte. Le nouveau président de chambre, l’AFDC-A Modeste Bahati Lukwebo ne paraît pas avoir la mémoire courte. Lui qui, en début de cette législature, en avait vu de toutes les couleurs, avalé toutes les couleuvres… du fait du même ATM. 

Sur base d’un dossier communiqué par l’IGF, le Procureur général près la Cour de cassation, Victor Mumba Mukomo, le réclame.

Pas seul. Avec ses complices sénateurs : l’ex-Questeur Eric Rubuye Hakizimwami – volatilisé depuis des mois, sentant venir le pire -, Florent Musendu Ilunga et Adambu Lomalisa.

«A la suite d’une mission de contrôle de gestion effectuée par six Inspecteurs des finances auprès du Sénat pour la période allant du 1er janvier 2019 au 31 décembre 2020, il a été constaté que les dépenses de certains fonds mis à la disposition de l’ancien bureau du Sénat, dirigé par le Sénateur Alexis Thambwe Mwamba, ne sont pas justifiés», écrit-il d’entrée de jeu dans son réquisitoire (nr 2481/RMP.V/0030/PGCCAS/PN/2021 daté du 8 juin 2021). C’est des milliards en CDF, des millions en $US.

Ainsi, au bureau de trésorerie du Sénat, tonne le PG Victor Mumba Mukomo,  «les dépenses de l’ordre de 44.746.742,53 millions de $US et CDF 10.000.956.864,35 ne sont pas justifiés ». «Quant aux sommes de USD 23.512.086,62 et CDF 3.617.629.294,96 reçus, de janvier 2019 à janvier 2020, à la deuxième caisse qui s’occupe de la rémunération des sénateurs, des membres du bureau, des membres des cabinets, des assistants parlementaires et certaines dépenses les concernant, les dépenses de USD 18.362.319,56 et CDF 3.472.464.448,72 n’ont aucune justification».

Et les chiffres s’enchaînent… sans fin. Tout ça par le travail de l’IGF. Et de son Grand Patron…

«Au niveau des comptes bancaires du Sénat, les sénateurs Alexis Thambwe Mwamba et Rubuye Hakizimwami, en leur qualité de cosignataires des comptes bancaires du Sénat et gestionnaires des fonds mis à leur disposition, doivent justifier la destination de USD 9.248.885,40 et CDF 2.780.675.623. Il est de même du montant de CDF 313.000.000 viré en date du 27 janvier 2020 du compte CDF 00001265992 Equity BCDC dans le compte privé du trésorier Kalonga Mabi ».

Puis, plus loin, dans ce réquisitoire transmis, le Haut Magistrat fait état d’une somme de 3.400.000 $US retirée le 31 décembre 2020  «entièrement comptabilisée dans le Journal de caisse, mais la caisse du Sénat n’avait reçu que le somme de 400.000 sans aucun soubassement ».

«Enfin, poursuit le Procureur, le 06 janvier 2021, les sommes de euros 2 millions et d’USD 1 million retirées par le trésorier du Sénat à la BCDC ont été amenées à la résidence du Sénateur Alexis Thambwe Mwamba sans juste motif et remises au trésor le lendemain 7 janvier 2021 ».

LA OU NULE N’A PLUS UNE NICHE.

Conclusion du Procureur en forme de verdict du Procureur général : «la gravité des faits et des indices de culpabilité relevés par les cinq Inspecteurs des Finances dans leur mission de contrôle de gestion » (montrent) que ces «faits tels que succinctement exposés sont susceptibles de constituer l’infraction de détournement des deniers publics, prévue et punie par l’article 145 du Code pénal livre II tel que modifié à ce jour ».

Sentant l’étau se resserrer sur lui, l’ex-homme fort du régime Kabila a pris ses cliques et ses claques et s’est réfugié à Uccle, banlieue cossue de Bruxelles où il a acquis un appartement latifoundier après avoir vendu son château de Rhode-Saint-Genèse, commune voisine de Waterloo.

Non loin de là où, l’un de ses compatriotes, sénateur honoraire, Jean-Pierre Bemba Gombo fut pris en mai 2008 alors qu’il s’apprêtait à se rendre au restaurant, en famille. L’ex-chef rebelle et l’un des anciens vice-présidents du régime 1+4 avait été menotté et transféré à La Haye à la CPI dans le cadre d’un mandat d’arrêt délivré par la Cour pénale internationale dans des crimes de guerre et crimes contre l’humanité commis en Centrafrique en 2002 et 2003. Il y fut détenu pendant 10 ans. Morale de l’histoire : le monde est un petit village macluhanien. Nul ne peut plus trouver une niche nulle part.

ALUNGA MBUWA.

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